Note d’intention

Note d’intention

Mon modèle d’émancipation est inspiré par celui de la génération de ma mère, celui de Simone de Beauvoir et des années 70, qui revendiquait la réappropriation de son corps par la femme et l’affirmation de ses capacités à en assumer le contrôle. Cela devait passer par se défaire d’une symbolique négative qui entoure le corps et le sexe pour assumer totalement sa féminité.

Bel idéal, que cet idéal ! Mais il fût et est encore, aux prises avec les stéréotypes et les injonctions faites aux femmes, dans les médias, la publicité et la société en général. La féminité est souvent liée au paraître et à la séduction Ces représentations marquent inconsciemment les plus émancipées d’entre nous. Le chemin de notre féminité, de notre sensualité et notre sexualité de femme est souvent semé d’embuches.

Le mystère reste entier. Qu’est ce qu’être une femme ? Qu’est ce qu’être une femme libre, aujourd’hui ? Comment marcher dans le sillon libérateur de ces femmes qui se sont battues pour notre émancipation ? Comment vivre sa féminité dans cette France /Europe multiculturelle où les images de femmes toujours très dénudées, aux corps toujours parfaits, toujours soumises aux fantasmes masculins, croisent celles de nos sœurs musulmanes cachées sous leurs voiles, parfois au nom de leur propre émancipation ? Comment vivre sa féminité, non au sens du paraître et de la séduction, mais en rapport avec son intériorité ?

En tant que femme, dans ces jours tourmentés où le corps de la femme est sans cesse en question, au travers de ce Projet « Au Féminin / Clownesques Pin-up », j’ai envie de partager ces expériences et questionnements avec des personnes de tous âges et de tous milieux sociaux-culturels, entre femmes ou en groupes mixtes.

Pour Jacques Lacan, « La Femme n’existe pas », c’est à dire que chaque femme est unique et ne peut être réduite à aucun modèle. Il n’y a pas un genre auquel se référer.

La singularité, l’absolue liberté d’être soi, me semble, en effet, être la piste à cultiver.

Dans un temps où la norme est à l’ordre du jour, le clown permet de valoriser l’excès, la faille, la différence et les grains de folie qui font l’humanité de chacun. Il met en évidence l’individu dans sa singularité et permet d’oser être soi-même !

En tant que clown et formatrice artistique, mon rôle est respectivement de cultiver ma propre singularité et de permettre aux autres de cultiver la leur.

Les pratiques artistiques sont émancipatoires. Ce projet les relie, les confronte et les offres au plus grands nombres, comme outil d’expression, de créativité, de confiance et d’estime de soi. Les conférences populaires sont permettront la création de savoirs collectifs sur des thèmes choisis en commun.

La bienveillance (envers soi-même et les autres), quant à elle, est la qualité essentielle à l’épanouissement de soi. Elle permet la reconnaissance et la prise en compte des différences. Nous cultivons cette qualité dans chacune de nos interventions.

Sylvie BOUSQUET : directrice artistique et pédagogique du projet.

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